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ReKommander

Mardi 14 mars 2006 2 14 /03 /Mars /2006 11:58

L'idéologie chez Pareto et Marx


Notice: Né en 1909 à Turin, nommé sénateur à vie en 1984, Norberto Bobbio s'est surtout consacré à la philosophie politique et à la philosophie du droit: "Teoria delle scienza giuridica" (1950), "Politica e cultura" (1955), "Teoria delle norma giuridica" (1958), "Teoria dell'ordinamento giuridico" (1960), "Il positivismo giuridico" (1961), "Profilo ideologico del Novecento" (1969), "Quale socialismo?" (1976), "Il futuro delle democrazia" (1984), "l'eta dei diritti (1990) et "Destra e sinistra" (1994).

Vilfredo Pareto (1848-1923), économiste et sociologue italien est surtout connu par sa définition du concept d'optimum économique. Successeur de Walras à la chaire d'économie de l'université de Lausanne, parmi ses travaux figure l'analyse des anticipations des agents économiques. Pareto est également le père de la notion d'optimum. Sa place dans la construction de la science économique moderne est donc décisive. Ce qui est discuté c'est son travail sociologique qui s'inscrit dans la lignée des penseurs italiens du début du siècle, comme Roberto Michels.

Le texte qui suit est extrait des "Saggi sulla scienza politica in Italia" (Laterza 1971-1996) de Norberto Bobbio. Il est consacré aux liens entre Marx et Vilfredo Pareto sur la question de la théorie de l'idéologie.


1. Qu'une grande part de la sociologie de Pareto consiste en une critique de l'idéologie, cela a été déjà remarqué plus d'une fois: une de ses quatre grandes oeuvres, Les systèmes socialistes, est en réalité un traité de critique idéologique; des treize chapitres en quoi est divisé le Trattato di sociologia generale, au moins dix sont consacrés aux problèmes liés à l'individuation et à la critique de l'idéologie. Ce qui n'a peut-être pas été suffisamment analysé est la contribution donnée par Pareto à l'élaboration d'une théorie de l'idéologie qui comprenne les trois problèmes relatifs à la genèse, à la nature et à la fonction de la pensée idéologique. Dès la première oeuvre mentionnée, Les systèmes, la critique des théories socialistes est accompagnée par un effort continu d'analyse des présupposés psychologiques qui peuvent expliquer la naissance et la raison d'être de la pensée idéologique. Avec la distinction initiale et fondamentale entre actions logiques et actions non logiques, le Trattato se présente dès le début, plus que comme une oeuvre de sociologie dans le sens traditionnel du terme, comme une théorie générale de l'action humaine, dans laquelle le critère principal de distinction entre les actions semble prédisposé à la fin de servir de base à une théorie de l'idéologie. Dans l'oeuvre intermédiaire, le Manuale di economia politica, de 1906, , le long chapitre dédié à la sociologie (chapitre II, Introduzione alle scienze sociali) est tout entier un abrégé de théorie et de critique de l'idéologie.

2. Nonobstant les doutes, souvent soulevés naguère sur l'inspiration marxienne de Pareto, on peut amplement donner des documents de la sollicitation, si on ne veut pas parler d'inspiration, qu'il reçut pour ce qui concerne le problème de l'idéologie, de la rencontre avec le marxisme, même si c'est à travers la lecture de Antonio Labriola. Dans une page de la dernière Cronoca, qui est de 1897, et donc de quelques années antérieure à la composition des Systèmes, prenant énergiquement la défense de Ettore Ciccotti, non promu professeur ordinaire parce que socialiste, il en vint à parler de Labriola et écrivait: "[...] il y a plus de profondeur de pensée dans une seule page du livre écrit par Labriola sur le matérialisme historique, que dans cent volumes de nos protectionnistes et de nos politiciens." Ce qui le frappa le plus dans cette oeuvre découle clairement de la phrase suivante: "Lisez, par exemple, la critique que l'auteur fait du verbalisme, de l'idéologie, ou de la phraséologie, dites si elles ne pas vraies et profondes." Et immédiatement après, il cite un long extrait de l'essai sur la nouvelle critique des sources, dans lequel Labriola demandait à l'historien de "dépouiller" les faits des "enveloppes" dont ils sont revêtus. L'année suivante, il recensa l'essai de Labriola pour la "Zeitschrift für Sozialwissenschaft", et, le définissant comme "probablement l'expression la plus complète et la plus savante que nous possédions de la doctrine marxiste", il en loue surtout la partie critique qu'il fait consister précisément dans une conception et une méthodologie conséquente et plus réaliste de l'histoire: "En peu de mots, voici maintenant comment apparaît la nouvelle doctrine. Elle a une partie critique excellente, exactement celle qui réfute les idéologies qui prévalent encore dans certaines secteurs des historiens, et qui vise à les étudier avec les méthodes des sciences de la nature. Une telle critique n'est pas entièrement neuve et dans notre siècle ses principes ont été largement appliqués à l'étude de l'antiquité; mais cela n'a peut-être jamais été exprimé avec tant de vigueur que par Labriola et les autres marxistes." Enfin dans les Systèmes, après avoir déclaré que la lecture de Labriola et de Croce est indispensable pour apprécier le statut actuel de la question du matérialisme historique, il en réfute l'interprétation "populaire", qui le réduit à un économisme et il en accepte l'interprétation savante qui est purement et simplement "la conception objective et scientifique de l'histoire" (nous savons que pour Pareto le plus grand éloge qu'il puisse faire d'une théorie est de lui reconnaître un caractère scientifique). Ces prémisses étant données, on peut interpréter l'effort qu'il fait dans les Systèmes pour démontrer le manque de valeur scientifique des théories socialistes anciennes et modernes comme une tentative de leur appliquer la critique des idéologies qu'il pense avoir bien appris du réalisme marxiste.

3. Ce programme de travail se développe, comme cela apparaît déjà dans l'introduction aux Systèmes, dans une véritable théorie des phénomènes sociaux, fondée sur la distinction entre phénomène objectif et phénomène subjectif. Phénomène objectif est le fait réel, qu'il est du devoir de la recherche scientifique de découvrir et de déterminer; phénomène subjectif est la forme sous laquelle notre esprit le conçoit et cette forme est souvent, pour des raisons multiples, psychologiques, historiques, pratiques, une image déformée. La critique historique, pour atteindre à la découverte des faits réels, doit reconstituer l'objet au delà de l'image déformée que souvent nous nous en faisons. Cette opération est difficile, spécialement dans l'étude de la réalité sociale, parce que souvent les hommes, n'ayant pas conscience des forces qui poussent, attribuent à leurs actions des causes imaginaires différentes des causes réelles.

Dans le Manuale, à la distinction entre phénomène objectif et phénomène subjectif se superpose la distinction plus précise entre relation objective et relation subjective; la relation objective est la relation qui existe entre deux réels A et B. La relation subjective est celle qui se forme dans l'esprit de l'homme et qui existe non entre deux faits mais entre deux concepts A' et B'. Quand la relation subjective correspond à la relation objective, on se trouve en face d'une théorie scientifique; quand il n'y a pas correspondance, c'est-à-dire qu'il arrive que le rapport de A' et B' soit en totalité ou en partie une reproduction mentale imaginaire du rapport effectif de A et B, la théorie n'est pas scientifique. À ce genre de théories non scientifiques appartient la majeure partie des théories sociales élaborées jusqu'ici et le premier devoir de la sociologie est d'en montrer le manque de fondement et l'inconsistance.

Dans le Trattato, il revient à la distinction entre phénomène subjectif et phénomène objectif: "tout phénomène social peut être considéré sous deux aspects, c'est-à-dire ce qu'il est en réalité et ce qu'il est tel qu'il se présente à l'esprit de certains hommes. Le premier aspect, on le dira objectif, le second sera dit subjectif." Reliée au rapport entre les moyens et les fins, qui peut être adéquat ou inadéquat, elle permet la distinction fondamentale entre actions logiques et actions non logiques: les actions logiques sont celles dans lesquelles le rapport fin-moyen est adéquat tant objectivement que subjectivement, c'est-à-dire tant dans les faits que dans la conscience des agents; les non logiques sont toutes les autres qui peuvent être de quatre sortes: a)le moyen n'est pas adéquat et l'agent n'en a pas conscience; b) le moyen n'est pas adéquat et l'agent croit qu'il est adéquat; c) le moyen est adéquat et l'agent n'en a pas conscience; d) le moyen est adéquat mais l'agent en a une conscience déformée. Les actions caractéristiques de l'agir humain et que le sociologue doit continûment regarder d'un oeil vigilant sont celles de type b) et d): elles sont les ingrédients principaux des théories non scientifiques que Pareto nomme "non logico-expérimentales".

4. Cet exposé est sommaire et simplificateur. Mais il est suffisant, je l'espère, pour montrer dans quelle mesure Pareto aurait utilisé les suggestions marxiennes et dans quel sens on peut dire que sa conception des théories non logico-expérimentales se rapproche de la théorie de l'idéologie de Marx.

Par tous les pas, dans lesquels à travers la distinction entre phénomène objectif et phénomène subjectif est mis en relief le possible écart entre la réalité et sa représentation, Pareto se révèle singulièrement intéressé par le problème du lien qu'en termes marxistes on nommera lien entre l'être et la conscience. Autant Pareto montre qu'il accepte le principe marxien selon lequel ce n'est pas la conscience qui détermine l'être, mais l'être qui détermine la conscience, autant il diverge fondamentalement de Marx, comme nous le verrons, dans la manière de comprendre l'être. De l'acceptation de ce principe naît le canon méthodologique qui caractérise une partie notable de son oeuvre, comme du reste celle de Marx, selon laquelle on s'approche de la réalité effective d'autant plus qu'on rompt la croûte des fausses représentations qu'elle a dans la conscience des hommes. Dans un célèbre passage de L'idéologie Allemande, Marx avait écrit: "on ne part pas de ce que les hommes disent, s'imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu'on dit, pense, s'imagine, se représente à leur sujet, pour en arriver à l'homme en chair et en os; c'est à partir des hommes réellement actifs et de leur processus de vie réel que l'on expose le développement des reflets et des échos idéologiques de ce processus." Si Pareto avait pu connaître ce passage, il aurait pu en faire une devise de sa propre critique des théories sociales (y compris le marxisme).

Il convient de préciser que quand on parle de rapport entre la conscience et l'être, il est nécessaire de distinguer le phénomène de la conscience illusoire de celui de la fausse conscience. Par conscience illusoire, j'entends le phénomène de la fausse représentation (a); par fausse conscience, à l'inverse, le fait que cette fausse représentation peut se produire sans que celui qui la produit ait conscience de sa fausseté (b).

a) La manière avec laquelle opère la conscience illusoire est, aussi bien chez Marx que chez Pareto, double (même si la distinction n'apparaît pas toujours clairement): en tant que la conscience s'exprime et s'explique dans un discours plus ou moins élaboré et plus ou moins systématique, plutôt que la révéler, couvre la réalité ou bien la révèle en la déformant. Pour adopter une langage métaphorique, du reste fréquent dans les sciences sociales, l'idéologie se révèle comme un voile qui ne laisse pas entrevoir ce qui est en dessous ou comme un masque qui laisse transparaître ce qui est en dessous mais à travers une image déformée. Corrélativement, la critique des idéologies est comparée à une oeuvre de dévoilement ou consistant à ôter les masques. La métaphore la plus utilisée par Pareto est celle du vernis: un des motifs de la pensée idéologique serait, selon Pareto, de donner un vernis logique à l'expression des sentiments. Ensemble les deux opérations, la couverture et la déformation, entrent dans le cadre de la conscience illusoire, même si dans l'un et l'autre cas la fonction de la critique est différente, qui là est de découvrir et de dévoiler et ici est de corriger ou rectifier.

b) Tant chez Marx que chez Pareto, le phénomène de la conscience illusoire se duplique dans celui de la fausse conscience: dans un passage déjà mentionné des Systèmes, on lit que les hommes attribuent à leurs actions des causes imaginaires parce que "souvent ils n'ont pas conscience des forces qui les poussent à agir." Cette fausse conscience se manifeste elle aussi, comme la conscience illusoire, de manière double (correspondant aux deux espèces d'actions non logiques): ou comme croyance dans l'existence d'un rapport causal ou final apparent, c'est-à-dire qui n'existe pas dans la réalité, d'où le processus de la couverture; ou bien comme croyance en un lien causal ou final imaginaire, différent du réel, d'où le processus de déformation. Le thème de la fausse conscience est un des grands thèmes de la critique marxienne de l'idéologie, sur lequel il ne vaut pas la peine d'insister: la mystification idéologique n'est pas une opération intentionnelle mais le produit des conditions objectives, en particulier de la lutte pour la domination; précisément pour cette raison, la classe dominante tend à -- et a besoin de -- se présenter comme classe universelle. Relativement à la critique des doctrines religieuses, sociales, politiques, économiques, le matérialisme historique peut être considéré comme une démystification dans le double sens de révélations des erreurs qu'elles propagent et des illusions qui les ont fait surgir: dans le premier cas, il détruit la conscience mystifiante, dans le second, il prépare la conscience démystifiée, c'est-à-dire la conscience révolutionnaire.

5.La signification du mot "idéologie", prise en considération jusqu'ici, est la signification négative du terme. Dans le langage courant, mais aussi dans le langage scientifique le terme "idéologie" est utilisé maintenant de manière toujours plus diffuse aussi dans un sens neutre. Dans ce second sens, "idéologie" signifie, de façon plus générique, système de croyances et de valeurs, utilisé dans la lutte politique pour influencer le comportement des masses, pour les orienter dans une direction plutôt que dans une autre., pour obtenir le consensus, et, enfin, pour fonder la légitimité du pouvoir; tout ceci sans aucune référence à sa fonction mystifiante. Dans ce sens du terme "idéologie" n'importe quelle théorie politique peut devenir une idéologie dès le moment où elle est assumée comme programme d'action par un mouvement politique. On pourrait aussi parler d'une signification "faible" du terme d'idéologie, par opposition à la signification "forte" qui vient de la tradition marxiste. Alors que ce second sens, pour mettre les choses au clair, le fort, est plus fréquent dans la littérature européenne continentale, le sens faible est presque exclusivement usité dans la littérature anglo-saxonne.

Les deux significations du terme courent en parallèle sans jamais se rencontrer. Mais l'emploi de l'un ou de l'autre, sans conscience de la distinction, engendre confusion, malentendus et faux problèmes. Par exemple, le problème, tant discuté dans la philosophie contemporaine, de savoir si la philosophie est une idéologie acquiert un sens complètement différent selon qu'on entend "idéologie" dans le sens négatif ou dans le sens neutre; si on accepte la première signification, l'affirmation que la philosophie est une idéologie veut dire mettre l'accent sur son aspect mystifiant, c'est-à-dire de doctrine qui prétend avoir une valeur absolue et inconditionnée alors qu'elle n'a qu'une valeur relative et historiquement conditionnée; si on accepte la seconde signification, la même affirmation veut dire qu'on met l'accent plutôt sur la valeur pratique de la philosophie par contraste avec ses prétentions à être une théorie pure.

Encore ceci: la différence entre les deux significations du terme "idéologie" se voit bien dans l'usage de l'adjectif "idéologique" qui dans la première signification va seulement avec le mot "pensée", alors que dans le second sens, c'est avec "politique". Et de là dans la différence des deux termes qui sont opposés respectivement à "pensée idéologique" et à "politique idéologique". A la pensée idéologique s'oppose la pensée scientifique (ou philosophique). Si on veut un exemple particulièrement voyant de cette opposition, qu'on pense à la théorie pure du droit de Hans Kelsen, dont la tâche est de déloger toutes les idéologies qui sont cachées dans les replis des concepts traditionnels de la science juridique. A la politique idéologique, à l'inverse, on a coutume d'opposer, dans la science politique américaine, la politique pragmatique. D'un côté la pensée scientifique condamne l'idéologie parce qu'elle est fausse, mais suspend son jugement sur son utilité; il s'agit de la vieille théorie du mensonge utile. D'un autre côté, la politique pragmatique s'oppose à la politique idéologique, non pour des raisons de vérités ou de fausseté, mais exclusivement pour des raisons d'opportunité politique. Dans l'opposition entre pensée scientifique et pensée idéologique, l'idéologie indique une certaine manière de penser; dans l'opposition entre politique pragmatique et politique idéologique, l'idéologie, à l'inverse, désigne une certaine manière de faire de la politique. L'idéal opposé à une politique invalidée par la pensée idéologique est la politique scientifique; l'idéal opposé à une politique idéologique est, à l'inverse, comme on l'a déjà dit, une politique pragmatique.

Si on garde présentes à l'esprit ces distinctions entre les deux significations du mot "idéologie", encore une fois il apparaît que la conception de l'idéologie de Pareto s'est formée dans le sillage de celle de Marx. C'est chez Marx, en effet, que la notion négative de l'idéologie a pris naissance, même s'il faut reconnaître que, dans la tradition de la pensée marxiste, la signification positive fait peu à peu son chemin (par exemple chez Lénine et chez Gramsci). Comme nous l'avons vu, est caractéristique de la notion négative d'idéologie l'opposition de la pensée scientifique et de la pensée idéologique; cette opposition est un des motifs dominants de la critique de l'idéologie dans l'oeuvre de Pareto. Dans le Trattato, cette opposition est présentée dans la distinction entre théorie logico-expérimentales et théories non logico-exprimentales, et elle occupe une part significative dans l'oeuvre.

6.Outre la conception de l'idéologie comme fausse représentation et fausse conscience, Pareto se meut dans une direction qui n'a plus rien de commun avec celle suivie par Marx et par le marxisme; au contraire, elle en diverge tant qu'elle implique une conception de la société et de l'histoire opposée.

Les différences entre la conception de Pareto et celle de Marx peuvent se résumer en trois points principaux:

a) La découverte de la pensée idéologique est liée chez Marx à une conception déterminée de l'histoire, caractérisée par la lutte des classes; Pareto, à l'inverse fait de la pensée idéologique une manifestation pérenne de la nature humaine. Le sujet créateur et porteur de l'idéologie est, pour Marx, la classe: "les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes"; pour Pareto, c'est l'individu singulier, quelle que soit sa condition sociale et historique. Ce qui, chez Marx, est un produit d'une forme déterminée de société, est devenu chez Pareto un produit de la conscience individuelle, objet non d'une analyse historique mais psychologique. A la conception historiciste de l'idéologie, propre à Marx, Pareto oppose une conception naturaliste de l'homme comme animal idéologique (retombant ainsi dans cette hypostase de la nature humaine dans laquelle Marx voyait une des expressions de la pensée idéologique). Alors que chez Marx l'idéologie naît d'une nécessité historique, et est expliquée et justifiée historiquement comme instrument de domination, chez Pareto, elle naît d'un besoin psychique (mais jamais bien défini, du reste, et là où il est défini l'explication est superficielle), et elle est justifiée de manière naturaliste comme moyen efficace de transmission des croyances et des sentiments, aujourd'hui on dirait comme "technique de consensus". Le problème de la disposition de la pensée idéologique est résolu par Marx sur le plan historique, à travers la distinction entre infrastructure et superstructure; par Pareto, c'est sur le plan psychologique, à travers la distinction entre "résidus" et "dérivations".

b) En tant que l'idéologie exprime des intérêts de classes qui sont des intérêts particuliers, le procédé typique de la déformation idéologique selon Marx est la fausse universalisation, c'est-à-dire le fait de faire apparaître comme valeurs universelles des intérêts de classes, comme des rapports naturels et objectifs des rapports liés à des conditions historiques déterminées. En tant que l'idéologie naît d'un besoin d'obtenir le consensus d'autrui à nos désirs, ce que Pareto appelle "l'accord des sentiments", le procédé typique de la déformation idéologique est, pour Pareto, la fausse rationalisation, c'est-à-dire faire apparaître comme des discours rationnels des préceptes et des actions qui sont des manifestations de croyances, de sentiments, d'instincts irrationnels. Dans le Trattato, Pareto se décide à appeler "dérivations" les différents procédés de rationalisation des sentiments (après en avoir discuté amplement dans les ouvrages précédents en les appelant sans plus de manières "raisonnements"); et il y consacre une des parties de l'oeuvre les plus valables encore aujourd'hui. Comme je l'ai observé ailleurs, le traitement des dérivations recouvre le champ des études actuelles sur la soi-disant "argumentation persuasive". Pour évaluer concrètement la différence entre ces deux manières d'interpréter la pensée idéologique, prenons l'exemple d'une théorie comme celle du droit naturel, critiquée tant par Marx que par Pareto. Dans La Question Juive, Marx critique les déclarations des droits parce qu'elles attribuent une valeur de droits universels, en faisant appel à la formule du droit naturel, à des revendications politiques de la classe montante; Pareto, déjà dans les Systèmes, se moque des jusnaturalistes (qui deviendront une de ses cibles favorites dans le Trattato) pour avoir donné une forme systématique et rationnelle à des propositions invérifiables qui, en tant que manifestations des sentiments, tombent en dehors du domaine de l'expérience. On voit bien que ce qui intéresse Marx, c'est de saisir au delà des prétendues formules universelles les intérêts concrets d'une classe qui lutte pour sa domination ou pour sa libération; ce qui intéresse Pareto, c'est de découvrir sous le voile (le "vernis") d'un raisonnement apparemment correct (la dérivation), qui change avec les temps comme les vêtements avec la mode, le fond constant d'une nature humaine (les résidus).

c) on pourrait condenser le sens de la différence entre Marx et Pareto dans cette formule: Marx accomplit essentiellement une critique politique de l'idéologie, Pareto vise principalement une critique scientifique. Ceci explique le résultat différent que la critique de l'idéologie a chez l'un et chez l'autre; chez Marx, elle est un des présupposés pour la formation d'une conscience de classe non idéologique; chez Pareto, elle est simplement une méthode pour mieux comprendre comment sont les choses de ce monde, sans aucune prétention à en vouloir influencer les changements, pour interpréter le monde, selon la fameuse phrase de Marx, et non pour le changer. Ou mieux, précisément parce que l'homme est un animal idéologique et que l'idéologisation est un besoin de la nature humaine, la fausse conscience est une donnée permanente de l'histoire. La pensée révolutionnaire de Marx oppose une société libérée de la fausse conscience à la société historique dans laquelle la fausse conscience de la classe au pouvoir continue d'engendrer les instruments idéologiques de la domination; la pensée du conservateur Pareto voit courir parallèlement la grande et monotone histoire des passions humaines, dont la fausse conscience est un instrument inéliminable, et une petite histoire privée, sans résultat et sans effet bénéfique, de quelques sages impuissants, qui connaissent la vérité mais ne sont pas en mesure de la faire triompher. A la grande histoire appartient aussi le marxisme, parce que le marxisme aussi est, du point de vue de la petite histoire une idéologie.

7. Pour exprimer un jugement sur la contribution apportée par Pareto à la théorie de l'idéologie, il convient de considérer séparément comme nous l'avons fait au début, les trois problèmes de la genèse, de la structure et de la fonction de l'idéologie.

a) La partie dédiée à la genèse de la pensée idéologique, est, à mon avis, la plus faible. Comme on l'a dit, Pareto s'y place d'un point de vue exclusivement idéologique, et de plus il s'agit d'une psychologie rudimentaire. Ainsi il tombe dans la même erreur que celle qu'il reproche si souvent à ses adversaires: on fait appel à la nature humaine sur un mode d'argumentation dans lequel la nature humaine est là pour tout ce qu'on ne peut pas expliquer. Pourquoi les hommes recouvrent-ils ou déforment-ils avec de beaux raisonnements leur sentiments? Parce qu'ils ont besoin de le faire. Et pourquoi ont-ils besoin de le faire? Parce que ce besoin est une donnée inéliminable de la nature humaine. Dans la catégorie des "résidus", Pareto a mis tous ces données originaires dont il n'avait pas réussi à trouver une explication plausible. Parmi ces données originaires, c'est-à-dire parmi ces résidus, apparaît ainsi "le besoin de développements logiques". Comme on le voit il s'agit d'une explication du type: "C'est ainsi parce que c'est ainsi." Quoiqu'il fût un dévoreur de livres, Pareto n'était pas historien. Une analyse plus approfondie des origines de la pensée idéologique aurait demandé une étude des conditions historiques dans lesquelles elle se forme. De la lecture des livres d'histoire, Pareto tira uniquement les matériaux pour formuler ses thèses sur la structure et la fonction de la pensée idéologique, mais non pour une recherche sur la manière dont elle se forme.

b) Pour ce qui regarde le problème de la structure de la pensée idéologique, la contribution de Pareto doit être recherchée dans l'opposition entre théories logico-expérimentales et théories non logico-expérimentales, et dans l'ample analyse des secondes, accomplie dans deux chapitres du Trattato, dédiés respectivement aux théories qui transcendent l'expérience et aux théories pseudo-scientifiques. Aussi, si les théories non logico-expérimentales ne sont pas toutes nécessairement des idéologies (au sens négatif du terme), leur analyse a offert à Pareto l'occasion de mettre en relief les procédés caractéristiques de la pensée idéologique qui est la poursuite d'un faux objectif. Une théorie non logico-expérimentale vise exclusivement à faire correspondre entre eux les sentiments de celui qui l'élabore et les sentiments des autres dont on veut obtenir le consentement; souvent elle atteint ses propres buts en manipulant les procédés intellectuels propres aux théories scientifiques pour donner à ses propres thèses un habit scientifique. A travers cette analyse, corroborée par une myriade d'exemples, qui comprennent aussi bien les antiques cosmogonies que les théories sociales modernes, émerge cette notion d'idéologie au sens négatif qui est devenue courante et est la seule qui puisse être utilisée pour unifier les usages apparemment disparates du terme. Je me réfère à la définition proposée par Gustav Bergmann selon laquelle une assertion idéologique est caractérisée par un jugement de valeur travesti par -- ou remplacé par -- un jugement de fait. C'est la même notion qui est admise et illustrée par Theodor Geiger dans Ideologie und Wahrheit, qui est, à mon avis, l'oeuvre la plus exhaustive sur notre thème: Geiger se réclame expressément de Pareto pour soutenir, contre la théorie de l'idéologie-intérêt, qui a pour archétype Marx, la théorie de l'idéologie-sentiment qui aurait pour père Pareto. Selon Geiger, sont des propositions idéologiques "ces propositions qui, dans leur forme linguistique et dans leur sens manifeste, semblent des expressions de faits théorétiques, alors qu'elles sont en réalité a-théorétiques et ne contiennent pas d'éléments qui appartiennent à la réalité objective." Eventuellement, on peut observer que la notion qui émerge de l'analyse de Pareto est plus complète: Pareto ne se limite pas à observer la substitution subreptice d'une jugement de fait à un jugement de valeur, mais réclame aussi l'attention sur le revêtement rationnel avec lequel le jugement de valeur est présenté, c'est-à-dire sur les arguments adoptés pour le justifier. Sa critique est adressée non seulement à la manière dont le jugement de valeur est fondé, mais aussi à la manière dont il est présenté. Par métaphore, on pourrait dire que pour se rendre compte des vices inhérents à tout édifice idéologique, il est nécessaire de parvenir à découvrir le faux fondement et en même temps de la libérer de son faux décors. Il s'agit d'un travail de restauration intégrale qui vise à restituer le monument à son dessein initial.

c) Pour ce qui regarde la fonction de la pensée idéologique, la contribution de Pareto consiste dans la théorie des dérivations, qui est un des thèmes les plus importants du Trattato. En particulier, il faut se référer à la distinction que Pareto introduit entre les différents aspects sous lesquels une théorie peut être étudiée: l'aspect objectif, l'aspect subjectif et l'aspect de l'utilité sociale. Du premier point de vue une théorie peut être vraie ou fausse, du second efficace ou inefficace et du troisième socialement utile ou inutile. Le problème de la fonction pratique d'une idéologie tombe sous le second aspect: les procédés utilisés par la pensée idéologique, indépendamment de la considération de la vérité ou de la fausseté des propositions qui les accompagnent et de la plus ou moins grande utilité des idées soutenues, ont l'objectif de persuader, c'est-à-dire d'obtenir que les autres approuvent un certain ensemble d'affirmations et, l'approuvant, agissent en conformité. Les chapitres du Trattato dédiés aux dérivations contiennent un énorme matériel de documentation dans cette direction de recherche. Ce qui serait inexplicable si on s'était arrêté au premier aspect est devenu clair en passant au second: en effet, une des thèses récurrentes de l'oeuvre de Pareto est que les preuves logico-expérimentales persuadent en général moins que les raisonnements pseudo-logiques et pseudo-expérimentaux, en quoi consistent les dérivations. De là, celui qui d'abord se propose non de rechercher et de démontrer la vérité, mais de prêcher et faire assumer par les autres ses propres convictions se servira et ne pourra pas ne pas se servir des dérivations. Ainsi la fonction de la pensée idéologique sert à expliquer sa structure et non l'inverse. L'analyse des fonctions complète celle des structures et ensemble elles constituent cette théorie de l'idéologie complexe et qui ,aujourd'hui encore, n'est pas bien étudiée, qui représente la contribution donnée par Pareto au thème en discussion.

[Publiée pour la première fois dans la Rivista internazionale di filosofia del diritto, XV, 1968.]

 

 

 

 

Par Zéphyr & Rémy - Publié dans : Economie
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Mardi 14 mars 2006 2 14 /03 /Mars /2006 11:52

Théorie renouvelée et internationalisée des avantages comparatifs de RICARDO[1]

 

La théorie sur les avantages comparatifs de Ricardo n’est plus valable dans l’économie mondialisée où le nombre des acteurs et des biens échangés a considérablement augmenté et se sont aussi diversifiés.  

La théorie de Ricardo s’appliquait au début de la révolution industrielle, à des Etats colonisateurs ou en passe de le devenir cherchant de nouveaux lieux de débouché de nouveaux lieu de ressources ayant de surcroît des relations bilatérales.

     Cette théorie peut par certaines modifications et mises à jours permettre de fonder une nouvelle politique industrielle, économique et sociale européenne.

     Il s’agit donc de mettre cette théorie en phase avec la multilatéralisation des relations, l’émergences d’organisations internationales, le regroupement d’acheteurs et de vendeurs… et plus spécifiquement l’émergence d’un intérêt général européen suite à la création de l’union européenne, supérieur à l’intérêt national. La méconnaissance d’un intérêt supérieur est un danger pour tous les intérêts : nationale et européen.  

       La théorie des avantages comparatifs internationaux se fonde sur l’échange du savoir interne et la vente de marchandises à meilleur coût vers l’extérieure. Le cadre géographique vise à faire de Union Européenne l’unité de référence. Les avantages de coûts doivent être tournés vers une concurrence extérieure à l’Union et non à une concurrence extérieure se référant à la nation- telle que la France l’Allemagne-. Les efforts concurrentiels se font donc au regard du monde extra européen. La concurrence interne à l’union est un facteur de déséquilibre de la société, de l’économie intérieure, pire, elle peut devenir un facteur de dislocation de l’harmonie européenne déjà très fragile pour ne pas dire absente. La concurrence interne n’apporte d’ailleurs guère d’avantages aux différents acteurs, consommateurs producteurs, car si l’intégration des Etats n’est pas totale elle est partielle et de fait impose d’agir, de réfléchir à un autre niveau que celui de l’Etat westphalien.


 

 

[1] Voire notamment « L’avantage comparatif, notion fondamentale et controversée », Bernard Lassuderie-Duchêne et Deniz Cunal Kesenci, Ed. La Découverte, Coll. Repères, Paris 2001, 104p

Par Zéphyr - Publié dans : Politique
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Vendredi 10 mars 2006 5 10 /03 /Mars /2006 16:42

Mardi 7 mars 2006 création du Blog Politik des 15-35 ans. Un Blog incorretement appelé Politikmentcorrect, puisqu'il n'est pas destiné à brosser dans le sens du poil les idéologies dominantes, bien au contraire, ce blog est un lieu de dialogue et de confrontation des idées pour le meilleur et pour le monde.

Politikmentcorrect est un blog dédié tant à la politique qu'à la culture, deux sphères essentielles dans nos cités. C'est ensuite un projet Européen voire mondial, puisque l'objectif est de receuillir des informations et de faire participer au maximum les lecteurs par le biais de rédacteurs référents dans tous les pays du monde.

Aujourd'hui nous sommes deux fondateurs: Rémy et moi-même Zéphyr.

Si vous désirez devenir rédacteur référent d'une ville de France ou d'ailleurs ou tout simplement rédacteur d'un jour envoyez nous un mail à politikmentkorrekt@yahoo.fr ou laissez un commentaire avec vos coordonnées.

A bientôt

Par Zéphyr & Rémy - Publié dans : politikmentcorrect
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Vendredi 10 mars 2006 5 10 /03 /Mars /2006 16:14
RÉSUMÉ

 

 

 

 

 

Rapport pour le service des relations internationales du Sénat :

 

 

 

« Les think tanks à la française et l’influence de la France dans le monde »

 

 

 

 

 

 

 

Réalisé dans l’objectif de donner au Sénat des pistes pour mettre en place un plan d’aide au développement des « think tanks » français, ce rapport dresse un panorama non exhaustif (l’inverse est impossible aujourd’hui) des groupes de réflexion français. Il tente de présenter des outils pour reconnaître et aider ces nouveaux groupes. Le rapport se fonde sur la littérature existante mais surtout sur des entretiens avec des responsables d’ « ateliers intellectuels » connus et reconnus : En temps réel, Entreprise et Progrès, Confrontation Europe, l’Institut Montaigne, la Fondation Gabriel Péri, le Commissariat Général du Plan…. Sans se livrer à une véritable étude comparée entre les think tanks américains centenaires et les groupes de réflexion français qui n’ont que 30 ans, le rapprochement entre les deux systèmes permet de mieux cerner ce qui se fait ici, ce qui a été fait outre-Atlantique, ce dont on peut s’inspirer et ce que l’on peut éviter aussi.

 

 

 

A partir de ce panorama des think tanks à la française, la question de la définition de ces « boîtes à idées » nées dans les années soixante-dix apparaît plus que nécessaire aujourd’hui, compte tenu du nombre croissant de créations.

 

 

 

A l’heure actuelle, les groupes de réflexion français disposent de peu de visibilité au près du grand public, mais bénéficient d’une reconnaissance grimpante chez les décideurs et les chercheurs. Par ailleurs les groupes de réflexion français ont encore peu de reconnaissance internationale.

 

 

 

Leur financement est varié : Public, quasi exclusivement pour les fondations/ Privé, presque exclusivement pour les Ateliers intellectuels d’origine privée/ Mixte pour la plupart des organisations semi-privées /semi-publiques. Ce dernier mode de financement tend à s’élargir à tous les types de groupes de réflexion.

 

 

 

Leur taille, mesurée en terme de personnels et de budget principalement, reste très modeste par rapport aux think tanks américains ou anglais et aux fondations allemandes, jusqu’à dix fois plus importantes. De fait, en France, la jeunesse du phénomène a pour conséquence que seuls les Instituts créés par l’Etat avant les années 80 disposent de plus de dix chercheurs à plein temps (trente chercheurs en moyenne dans les instituts).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le développement des groupes de réflexion pose de nombreux défis inévitables, comme le rapport entre la production des idées et le financement pour éviter l’écueil qui touche les think tanks outre-Atlantique : « think tanks get bigger by thinking smaller ». C’est aussi le défi de l’indépendance face aux financeurs bien sûr, mais aussi face aux médias qui risquent de jeter les groupes de réflexion dans une course à la médiatisation… face au public, face au monde politique. Les groupes de réflexion représentent un formidable allié pour l’Etat dans son influence et sa production de normes et par répercussion sur son activité économique.

 

 

 

La mondialisation exige des acteurs politiques qu’ils aient de plus en plus de récepteurs et d’émetteurs d’idées, d’informations, car l’influence passe par la propagation de l’éthique, entendue comme l’ensemble des normes et des valeurs d’un pays. Pour cela, les groupes de réflexion sont une chance, d’autant (et tant) qu’ils favorisent l’émergence de nouveaux chercheurs, de nouvelles idées et qu’ils provoquent l’émulation du monde intellectuel. L’intérêt de ces lieux de recherche et de production est d’être dans la confrontation des points de vue, dans le dialogue, la transversalité, de faire des propositions et non d’être une nouvelle scène d’affrontement et de contrainte.

 

 

 

Les groupes de réflexion sont donc un atout stratégique pour la France, ce que les expériences étrangères démontrent toutes.

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin vers une définition ne pourra se faire sans une distinction entre les différents types de groupes de réflexion. Dans le rapport, une typologie est proposée suivant quatre groupes de réflexion :

 

 

 

Les laboratoires d’idées, les fondations, les instituts (et les centres de recherche), les institutions administratives.

La nécessité de définir clairement les différents types est souhaitée par les acteurs des groupes de réflexion eux-mêmes. C’est pourquoi il semble nécessaire que la classe politique prenne rapidement la mesure de ce phénomène et qu’elle ne néglige pas de définir en détail (financement, organisation, contrôle…) leur existence. Leur propre reconnaissance est l’occasion pour eux de s’améliorer. Les limites posées par le législateur sont attendues comme des appuis solides pour leur développement et des remparts contre les dérives et non comme des contraintes insurmontables ou des freins. Enfin la classe politique doit, pour aider cette construction, se définir elle-même comme seule et suprême instance de décision, face à des organisations de création et de proposition d’idées.

 

 

PS: si le rapport vous intéresse sachez qu'il n'a pas encore été publié.  Si vous étes intéressé, il suffit de laisser un commentaire avec vos coordonnées ou d'envoyer un mail à Politikmentkorrekt@yahoo.fr

 

Par Zéphyr - Publié dans : Politique
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Vendredi 10 mars 2006 5 10 /03 /Mars /2006 16:13

RÉSUMÉ

Mémoire de Maîtrise de Science Politique sous la direction de Monsieur VENNESSON

 

 

 

« Décision ou non décision du ministère des affaires étrangères de soutenir l’armistice entre la Corée du Nord et la Corée du Sud en 1994 »

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’agit d’une analyse du système de la prise de décision au sein du Ministère des Affaires étrangères français et de ses services diplomatiques.

 

 

 

Le mémoire aborde en premier lieu l’interaction entre traitement de l’information et la prises de décision.

 

 

 

Le traitement de l’information est une phase de la prise de décision souvent négligée. Alors même que comme le montre de nombreux exemples dont Pearl Harbor, la quantité d’informations ne fait pas la qualité d’un service de renseignements. D’autre part, une information de qualité peut se perdre dans la masse. La France a un « bon » service de renseignements, la quantité d’information ne fait pas défaut. C’est plus souvent la qualité des demandes d’informations (décisions des décideurs) qui font une bonne information.

 

 

 

 

 

 

 

A l’aune des études de Roberta Wolsthetter et de Christian Morel, est analysée la différence de décision et de vues entre les personnes en poste à Paris et à l’étranger, et tout spécialement pendant la crise coréenne de 1994. Il ressort de cette étude la nécessité pour les services Français de définir clairement les objectifs diplomatiques avant de collecter de l’information.

 

 

 

 

 

 

 

Les décisions sont viciées par une « perte de sens » qui trouve principalement ses racines dans l’absence de définition préalable des intérêts français dans le pacifique et particulièrement en Corée. La deuxième partie du mémoire porte sur le manque de synergie entre les demandes au niveau central (Paris) et les questions locales (Corée). Souvent, la dichotomie entre les deux visions de la situation empêche une prise de décision pertinente.

 

 

 

La « bonne décision » dépend d’une transmission rapide et à son meilleur niveau de l’information.

 

 

 

L’information comme cela a été vu dans la première partie est sujette à beaucoup de suspicions. Elle est aussi encline à une politique de conservation, eu égard au pouvoir qu’elle représente et qui la rend parfois inaccessible. Il se dresse alors entre les administrations « des murs invisibles » qui bloquent l’information. Les administrations en sont victimes, soit consciemment par la rétention d’information, soit inconsciemment par l’ignorance des activités des autres administrations ainsi que des niveaux adéquates de la transmission.

 

 

 

Dans le cas Coréen en 1994 le manque d’objectifs clairs et précis va ruiner la crédibilité de la France comme acteur des négociations en vue d’une résolution de l’escalade de la tension entre les deux Corées. Cette perte d’influence de la France se confirmera quelques années plus tard par son exclusion pure et simple des tables de négociations où sont désormais présents la Chine et la Russie.

 

 

 

Enfin, la troisième partie du mémoire pose l’hypothèse d’une inadaptation de l’administration dans sa composition face à la crise Coréenne comme cause de la non décision. Cette hypothèse prend en compte la spécificité du conflit Coréen : forte importance des questions militaires de part et d’autre de la frontière. Or la France n’aura de cesse de répondre par un personnel civil qui compose en majorité ses services.

 

 

 

La démilitarisation du service des Affaires étrangères depuis la fin de la seconde guerre mondiale a produit une vision différente des enjeux et donc des réponses.

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion : Les Services de renseignements français fournissent beaucoup plus d’informations qu’il est possible de traiter. Ce qui rend l’information bien souvent inutile. La France doit impérativement définir en amont des objectifs clairs et précis afin d’optimiser le travail de ses agents sur le terrain et ainsi d’asseoir son influence à l’Etranger.

 

 

 

Par ailleurs, l’information doit arriver au bon décideur, au bon moment. Mais souvent, par méconnaissance de leur hiérarchie les agents de renseignements en local et en central, ne font pas parvenir l’information à la bonne personne. Ces agents doivent être mieux briefer sur le ou les destinataires des informations qu’ils recueillent.

 

Enfin, les responsables des Services devraient essayer de mieux évaluer la situation sur le terrain. Dans ce cas précis, le caractère militaire des discussions aurait dû pousser la France à  utiliser les mêmes codes que les autres acteurs de la crise : le langage militaire.

PS: Ceci est seulement un résumé. si le rapport vous intéresse sachez qu'il n'a pas encore été publié.  Si vous étes intéressé, que vous désirez accéder à l'ensemble de l'étude n'hésitez pas à laisser un commentaire avec vos coordonnées ou à envoyer directement un mail à Politikmentkorrekt@yahoo.fr

Par Zéphyr - Publié dans : Politique
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Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 01:04

Bonjour à Tous,

 

    Ceci n'est pas une chaîne sinon d'amitié de moi vers vous... puisque je vous propose dans un même espace et temps... oui le "et" est important, de vous détendre de vous amuser et de vous instruire !

 

          Quoi ? Est-ce donc bien possible encore en 2006... arrêtez de chercher dans votre programme télé c'est évidemment peine perdue.

 

        C'est une pièce de théâtre unique en son genre que je vous invite à aller voir et si je ne touche aucune dîme, ce que vous avez du mal à croire au fil des lignes qui s'accumulent, je vous la recommande vivement car j'y suis déjà allé trois fois et que j'y retournerai très bientôt(futur et non conditionnel) vous aviez noté (conditionnel).

         Bon le pitch puisque quand même vous n'êtes pas un public stupide qui va voir comme ça le dernier film dont on vous bastonne de recommandations, d'images exclusives, de superlatifs prononcés par des animateurs vraiment très critique..âbles..eurs (ok là il faut suivre). Donc vous voulez être convaincu (excusez la langue française), choisir en connaissance de cause, enfin savoir de quoi est-ce qu'il s'agit -diantre- on ne fonce pas les yeux fermés en France... je m'emporte car le théâtre n'a rien de politique, enfin certains le disent... hihi

      Bref: C'est l'histoire d'une entreprise qui marche bien et qui est généreuse avec son personnel qui lui rend bien (non nous ne sommes pas dans l'idéal communiste ou même Keynésien). Mais la justice qui nous savons ce qu'elle vaut... le vilain juge Burgeau (d’ailleurs ce n’était pas lui)... met son nez dedans... patatra... sexe magouille et compagnie entre majeurs consentants le reste vous l'avez vu à la télé surveillé par des centaines de caméras, 24H/ 24...

 Voilà je vous laisse décider de ne pas y aller ou de le regretter

 A bientôt

 

 

 

 

 

Zéphyr

A Paris du lundi 20 au vendredi 24 février puis chaque mardi à 20h30

 

Jusqu'au 21 mars à La Fenêtre, dans le 11ème 77, rue de Charonne, métro Charonne. Réservations : 01 40 09 70 40 ou sur le site du théâtre
tarifs : 10€ Tarifs solidaires: 5 ou 15€. ("selon que vous serez puissant ou misérable..."*)

 

Février

 

à Barentin (76), Nancy (54), Metz (57), Aubagne (13), Angers (49), Grenoble (38), Arcueil (92), Dieppe (76)

 

Mars

 

à Pau (64), Sceaux (92), Audincourt (25), Granville (50) et aussi toute une semaine vers Angoulème pour une association de spectateurs.

 

Avril

 

à Strasbourg (67),Tracy-le-Mont (60) et 12 représentations (du mercredi au samedi à 20H30) du 12 au 29 avril 2006 à 20h30, Bordeaux (33) au Théâtre La Boîte à Jouer - 50 rue Lombard Réservations : 05 56 50 37 37

 

Mai

  

à Castelnaudary (11), Aubervilliers (93), Bain-de-Bretagne (35), Quimper (29) et à Montpellier (34)

 

Juin

 

à Toulouse (31) au Bijou

 

Les dates et le détail des salles se trouvent sur le site de la compagnie : www.unpasdecote.org

 [* "les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir" Jean de La FONTAINE (1621-1695).]

 

Par Zéphyr - Publié dans : Art
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Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 01:02

La mobilisation militante revient au combat OUI / NON  sur le traité établissant une constitution pour l’Europe.

 Le débat est consternant, c’est pourquoi je ne t’en ferai pas part. Le oui s’enlise faute d’arguments et de son manque de considération pour l’intelligence des citoyens… le foutage de gueule a ses limites.  

 

 

D’ailleurs au passage, l’on ne parle plus de projet de traité établissant une constitution, ce qui est trop long journalistiquement. Et aussi trop long à expliquer aux français qui sont débiles… euuuh non justement. Bref, on vient de décerner la palme d’or de Cannes à Michael Moore pour Farenheit 9/11, conspué par de nombreux intellectuels, ce prix « politique », ne les a pas moins rendus aveugles, puisqu’ils ne voient pas que la politique de la peur est aussi en train de fonctionner chez nous… le principal argument du oui étant le danger d’empêcher l’Europe de se construire, le danger de la sortie de la France de l’Europe (on rêve), le danger que le prochain peut-être pire… et là c’en est rocambolesque. Des politiciens qui te disent "attention" si vous dites non, on risque de faire pire !!! Et d’accuser les citoyens de commettre ce crime de lèse majesté. D’ailleurs notre cher BHL philologue parmi les démagogues, voyant le non monter au dessus des 50% a cette superbe phrase lors d’une émission de radio je crois (mardi en 16 du mois de mars 2005) «  on les a manipulés ». La voix du peuple se trouve dans une situation bien embarrassante, pour l’ensemble de la « nomenklatura » regroupant l’ensemble des médias et grands décideurs du pays. Cette nomenklatura, qui dit de la population qu’elle est manipulée, comme si nous vivions en Union soviétique ou aux Etats-Unis, alors même que ce non est justement à l’encontre de son oui général… Tout cela en devient cocasse, même si en poussant le raisonnement plus avant, ce ne sont pas des lendemains qui chantent qui nous attendent. En fait, mon impression se résume comme suit : Le peuple à tort de penser ce qu’il pense, et ce qu’il pense est le fruit d’une propagande du petit nombre. Conclusion, le petit nombre n’a pas le droit de faire de la propagande. Conclusion de la conclusion : la démocratie est belle et bien la tyrannie du nombre. Conclusion de la conclusion de la conclusion : Notre démocratie se mue de façon vicieuse (je ne peux pas dire insoupçonnable) en une oligarchie dont Aristote a déjà fermé la boucle, puisque le nombre aujourd’hui n’est plus (si tant est qu’il le fut un jour) le peuple, mais le petit nombre des élites qui les représente et qui en est déconnecté.

 

Puissions nous couper cette boucle !!

 

 

 

« Encore une lutte puis je suis libre » Lord Byron

 

 

 

 

Par Zéphyr - Publié dans : Réaction à Chaud
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Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 01:00

Bonjour à tous,

Eh bien non, ou plutôt OUI ! Je me permets de vous écrire suite à la
diatribe de notre cher Estezeph qui me paraît…intéressante. Ce qui me semble
incroyable est la qualité avec laquelle les défenseurs du non à la
Constitution étaient leurs arguments : ils sont souvents les plus
passionnés, les plus déterminés, les plus convaincants, tentent de bousculer
les idéees reçues, face à des promoteurs du oui plutôt aphones, établis
(vieux cons), voire méprisants, paraissant vouloir culpabiliser les honnêtes
citoyens, en leur affirmant que voter non c’est pas bien, que cela
signifierait l’arrêt de l’intégration européenne, et qu’ils devraient avoir
au moins la décence de voter oui par acquis de conscience.
Eh bien non ! La construction européenne ne va pas s’arrêter pour autant,
ni les mauvais projets. Preuve en est que la directive Bolkenstein n’a pas
attendu la Constitution pour être tout d’abord approuvée.
Les Français ne veulent pas être pris pour des débiles, être manipulés ?
Alors, qu’ils LISENT le texte de la Constitution, partiellement, en
diagonale, dans le métro, chez le coiffeur. On ne peut pas voter pour un
texte dont on ne connaîtrait pas le contenu. Or, aucun homme politque, de
droite, de gauche, pour ou contre, ne l’évoque clairement. Les arguments des
uns se tranformant en contre-vérités pour les autres, on est alors tenté de
voter en fonction de la prestation télévisée, de la confiance que l’on
accorde à telle ou telle personnalité : ça s’appelle la démagogie.
José Manuel Barroso a par ailleurs rappelé à la France deux faits qui
semblent faire scandale : il y a « d’autres Etats en Europe que la France »,
et a demandé « aux hommes politiques français de faire leur travail ». Quel
culot, là, il n’y va pas avec le dos de la cuillère en bois que Platon
utilisait pour remuer la soupe (désolé, je m’emporte)! Soyons sérieux, ce
texte est un compromis, VGE ne l’a quand même pas pondu tout seul : la
Convention était composée de 105 membres permanents, plus les observateurs
et les avis consultatifs… Toutes les forces politiques progressistes
d'Europe ne sont pas contre ce traité, il me semble...
Pour terminer, une petite anecdote : je passais l’autre jour devant
l’ancien hôpital Boucicaut, dont les palissades sont propices à l’affichage
: sur un même panneau figurait un panel intéressant des opposants à la
Constitution : lutte ouvrière, PCF, Ph de Villiers. Ce dernier a d’ailleurs
depuis été arraché, preuve du malaise face à une situation des plus
incohérentes : tous les extrêmes du spectre politique réunis autour d’une
seule et même cause : transformer la politique de l’Europe en politique de
la France (reste à savoir laquelle, bien sûr…).

J’espère vous avoir interpellé. Dans le cas contraire….on se parle
toujours ?

Stéphane Sobanski


Le Traité :

Clarification technique :
- art.3 attribue une personnalité juridique à l’UE, ce qui permet la fusion
des 3 traités (les 2 de Rome et celui de Maastricht) et des règles de leurs
institutions. La personnalité juridique permet d’aller en justice, signer
des traités au nom de l’UE, c’est donc la reconnaissance de l’UE sur le plan
international.
- Art. 20 met fin à la présidence tournante du conseil européen au profit
d’un Président élu pour 2 ans et demi, donc permet stabilité des décisions,
la personnalité choisie s’investit vraiment sur le moyen terme.
- Art 25 et 26 : élection du président de la commission européenne par le
Parlement : donc plus de transparence politique !
- Les actes européens, qui étaient au nombre d’une quinzaine, en fonction
des appellations des différents traités, ne seront plus que 6, donc auront
chacun une signification et une portée précise.
- Art 24 : simplification des règles de la majorité qualifiée.

Plus de démocratie :
- Art 9 : principes de subsidiarité et de proportionnalité : les parlements
nationaux doivent être consultés lors de la préparation des actes de l’UE,
et, en cas de désaccord, saisir la Cour européenne.
- Partie 2 : insertion de la Charte des droits fondamentaux, qui pourra être
invoquée (ce n’est pas encore le cas) devant la Cour de justice européenne.
- Art 236 : droit de pétition de toute personne physique ou morale devant le
Parlement européen (cela existe-il en France ? Je ne suis pas sûr…).
- Art 11 à 17 : répartition plus claire des compétences (exclusives,
partagées ou complémentaires).
- Art 10 : primauté du droit européen sur le droit national : c’est avancer
dans l’intégration européenne.

Sources:

- www.ladocumentationfrancaise.fr
- S. RIALS, “La Constitution européenne”, P.U.F. Que sais-je?
- Étienne de PONCINS, “Vers une Constitution européenne”, 10/18

Par Stéphane - Publié dans : Droit de Réponse
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Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 00:58
Bonjour Stéphane,
 
D'abord sache que je te parle toujours (d'ailleurs ça me ferais plaisir de te voir si tu as le temps. Si tu as du temps pour déjeuner et que tu es proches du Sénat je te propose un déjeuner dans cette anti chambre euuuh seconde chambre) !! En voudrais je à quelqu'un de s'exprimer alors qu'il est profondement républicain et que de plus, tu es le premier à me donner de véritables arguments pour le oui (même si ils sont tirés d'articles). En effet, je ne supportais plus l'apathie des gens face à cette question qui nous engage tous jusqu'à ce que nous retournions à la poussière alors je voulais au moins attirer l'attention des gens dont j'ai le mail, pour que cette question ne soit pas écartée d'un coup de balai...
 
Comme tu l'as compris je suis plutôt défavorable à ce texte notamment à cause de son manque de clarté, du manque de mise en exergue des grands principes comme la liberté, les droits civiques sociaux et économiques enfin. Je pense enfin et c'est mon républicanisme qui parle ainsi que me foi dans le politique, que justement les politiques n'ont pas mis en avant leur rôle. Celui qui leur incombe et qu'il leur décombe ( comme diraient les Inconnus). Je pense que ce projet de traité qui n'est autre qu'une constitution doit avoir l'ambition d'une constitution. Or, ce projet ne l'a pas et ressemble plus à un projet de loi fleuve qui ne sera pas efficace, soumis à des pressions (lobbies...), et qu'il oublie de dire ce qu'est l'Europe: la construction d'un continent à partir d'un peuple uni autour des mes idéaux et que ces idéaux sont représentés par les pays fondateurs et les pays les plus avancés, comme l'Allemagne, la Finlande, la Suéde, le Danemark et la France. Bien sûr les nouveaux pays peuvent apporter de la fraîcheur des idées nouvelles. Mais leur modèle ne peut constituer un objectif pour nous. Et la constitution, pardon le projet de traité oublie largement de mentionner cet objectif commun de l'Europe qui est de construire un monde nouveau capable de montrer la voie au delà de ses propres frontières. Alors, pouvons nous réellement espèrer influencer le destin du monde en ne fixant pas comme objectif aux nouveaux pays de nous rejoindre sur les critères sociaux, sur l'assurance maladie, sur les retraites, le service public (français ou européen qui est d'ailleurs influencé par la France. Car en dehors des français qui critiquent beaucoup leur modèle, le service public des transport et de la santé est pris comme exemple dans le reste de l'Europe...). Si nous ne cherchons pas à consolider le modèle qui correspond aux pays les plus avancés d'europe au niveau social et économique (le logos avant l'économos), je ne vois pas comment, lorsque de nouveaux pays émergents (Inde, Chine...) s'affirmeront, nous pourrions leur opposer un modèle.
 
Le monde n'est pas une machine infernale qui va sans conducteur. Le monde est tel qu'on veut le faire. Et si l'Europe (j'entends les pays qui l'ont construit, qui la représentent) ne veulent pas prendre le commandement, ou dù moins se donner comme exemple quitte à subir la critique, alors cette construction n'aura servie à rien, sauf à fondre plus vite l'ensemble des ses peuples dans un modèle qu'elle n'a pas fondée elle même.
Triste sors pour ce berceau de la création politique, de la révolution, de l'_expression et de l'intelligence que de se réduire à un troupeau de 420millions de têtes derrière un berger venu d'ailleurs.
Par Zéphyr - Publié dans : Droit de Réponse
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On vous le dit

Maintenant tu peux t'exprimer !! Alors, t'attends quoi ? Que l'on te prenne la main en te serrant par le poignet en tirant ta langue pour l'enrouler autour d'un stylo ? Non ! Ah tu attends le jour où il sera utile en étant pratique et vraiment nécessaire de dire ce que tu penses parce qu'à ce moment là, celui là même qui n'est pas à côté de l'autre et se trouvant même loin. Ce moment là où tout sera perdu, que tu n'auras plus le droit de t'exprimer, de participer... Oui ce jour là tu... ben non !!

                                                               

Politikmentcorrect, le bras armé de tes neurones, le venin de ta langue... enfin façon de parler, Nous sommes là pour discuter !! L'incorrection au "déservice" de la politique polititienne, la correction au service de l'incorrete démocratie. Politikmentcorrect t'invites à écrire dans ses colonnes, n'hésite plus, fonce, claviote, et clarticipe...

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Dans l'AlbOOm  Retrouvez les photos de David Henry un photographe qui monte à l'esthétique très parisienne pour un américain... voyez égalment son site Davidhenry.com (lien) si vous en voulez plus. Mais aussi toujours dans l'alboom un dossier consacré aux dessins de Plantu... à déguster !

Incrivez-vous à la news letter: la lettre qui vous donne des nouvelles de la politique, de la culture et de tout le reste même si nous ne voyons pas vraiment quoi ! Pour les fous de Politik, les intégristes de la critique média, du recoupage d'information et des commentaires au vitriol... y'a la "lettre de nouvelles" avec l'avertisseur d'article.

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